À quel moment commence-t-on à se définir, ou à être défini·e par les autres, comme une personne aînée? À 65 ans? À 70 ans? Au moment de la retraite?
La question paraît simple. Pourtant, elle en soulève rapidement une autre : quelle place l’âge occupe-t-il réellement dans notre identité?
À l’occasion de la Journée internationale des personnes âgées et de la Journée nationale des aîné·e·s, le 1er octobre, prenons un instant pour regarder au-delà du chiffre.
Quand l’âge devient une catégorie
Au Canada, 65 ans est couramment utilisé comme point de repère pour parler des personnes aînées, notamment dans certains programmes publics, sans pour autant constituer une définition universelle.
Ce repère est aussi utilisé pour décrire l’évolution de la population : en 2025, les personnes de 65 ans et plus représentaient 21,7 % de la population québécoise, selon le Bilan démographique du Québec, édition 2026. Mais au-delà des statistiques, que nous dit vraiment l’âge d’une personne?
Entre une personne de 65 ans et une autre de 90 ans, il y a 25 années de vie, d’expériences et de parcours différents. L’une travaille peut-être encore, l’autre est à la retraite depuis longtemps. Certaines vivent avec des limitations, d’autres non.
Une catégorie d’âge peut être utile sans pour autant raconter toute l’histoire.
L’âge, une facette parmi d’autres
Un dossier Web de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), lancé en mai 2026, rappelle que la population aînée est loin d’être homogène. Les parcours, les expériences, les aspirations et les conditions de vie varient d’une personne à l’autre.
Il ne s’agit pas pour autant de prétendre que « l’âge n’est qu’un chiffre ». Vieillir peut s’accompagner de changements bien réels dans la santé, les capacités ou les besoins. Ces réalités ne définissent toutefois pas à elles seules une personne. Nous sommes aussi ami·e, parent ou grand-parent, voisin·e, bénévole, proche aidant·e ou collègue.
Comme nous l’avions exploré dans un précédent article consacré notamment à l’âgisme, les représentations liées à l’âge peuvent toutefois influencer la façon dont nous envisageons ces rôles. Une personne peut, par exemple, finir par se croire « trop vieille » pour apprendre, essayer une nouvelle activité ou relever un nouveau défi. Le regard que la société porte sur l’âge peut ainsi influencer le regard que nous portons sur nous-mêmes.
Quand le bénévolat fait évoluer les rôles
Si notre identité ne se résume pas à notre âge, les rôles que nous occupons ne s’arrêtent pas non plus à un seuil précis. Ils évoluent avec nous, au gré de nos expériences, de nos envies et des occasions qui se présentent.
Le bénévolat peut aussi ouvrir la porte à de nouveaux rôles. Une personne peut avoir été bénévole toute sa vie ou faire ses premiers pas dans l’engagement à 70 ans. Elle peut transmettre une expertise acquise pendant sa carrière, comme nous l’avions exploré dans notre article sur le bénévolat de compétences des personnes retraitées, ou décider de s’investir dans un domaine complètement nouveau. Elle peut être mentore dans un contexte et apprenante dans un autre. Le bénévolat offre ainsi un espace pour essayer, apprendre, rencontrer et découvrir.
Plutôt que de présumer de ce qu’une personne souhaite ou peut faire en fonction de son âge, pourquoi ne pas commencer par lui demander ce qui l’intéresse, ce qu’elle souhaite apporter ou ce qu’elle aimerait découvrir?
Reconnaître les réalités du vieillissement dans toute leur diversité, sans laisser l’âge parler à la place de la personne, c’est aussi lui permettre de choisir la place qu’elle souhaite occuper.
Voir la personne avant le chiffre
Les catégories d’âge demeurent utiles pour comprendre certaines réalités, adapter des services ou reconnaître des besoins. Cependant, elles gagnent à rester ce qu’elles sont : une information parmi beaucoup d’autres sur une personne.
À tout âge, notre identité continue de se nourrir de nos expériences, de nos relations, de nos projets et des rôles que nous choisissons d’occuper.
Et si, plutôt que de demander à quel âge on devient une personne aînée, on s’intéressait d’abord à tout ce qui nous définit?
En ce 1er octobre, le CABM souhaite célébrer les personnes aînées pour tout ce qui compose leur identité, bien au-delà de leur âge.

