Journée internationale des aîné·e·s : reconnaître des piliers… et bâtir des ponts

À l’occasion de la Journée internationale des aîné·e·s, le Centre d’action bénévole de Montréal (CABM) se joint aux voix qui célèbrent l’apport inestimable des personnes aînées à la vie de nos quartiers. Le thème de cette année,  Aînés, piliers de nos communautés résonne avec notre mission : promouvoir et soutenir l’action bénévole pour renforcer la solidarité, l’inclusion et le bien-être collectif.

Un billet de notre directrice générale, Geneviève Fecteau 

Grandir ensemble, à tout âge

Les aîné·e·s transmettent des savoirs, soutiennent des proches, animent la vie citoyenne, prennent part à l’économie et s’engagent comme bénévoles. Leur contribution traverse nos histoires, nos cultures et nos organisations. Pourtant, l’âgisme (souvent invisible) réduit des personnes à leur âge et fragilise leur dignité. Reconnaître pleinement les aîné·e·s, c’est les considérer naturellement comme des personnes à part entière, dotées d’un pouvoir d’agir, d’aspirations et d’une voix qui compte. Quand une personne aînée participe, apprend, contribue, reçoit de l’aide ou offre la sienne, c’est tout le tissu social qui se renforce.
Notre approche : dignité, accès, intergénération, leadership partagé.

  • Dignité et pouvoir d’agir. La dignité n’est pas un luxe : c’est le socle. Nous proposons des chemins simples et respectueux pour s’engager, comme bénévole ou comme organisme, en laissant la possibilité de dire oui, non ou autrement à chaque étape.

  • Accès et inclusion. L’accès au bénévolat doit être réel, pas théorique. Nous levons les barrières linguistiques et numériques, facilitons l’inscription, orientons les personnes et soutenons les organisations qui accueillent des bénévoles aîné·e·s. L’accessibilité se conçoit avec les personnes concernées.

  • Liens intergénérationnels. Les ponts entre générations enrichissent tout le monde : mentorat, entraide de voisinage, activités culturelles et citoyennes, soutien scolaire, projets de quartier. Concrètement, cela passe par des duos “technos” (initiation numérique), du tutorat scolaire, des clubs de lecture et d’archives orales, des jardins collectifs, des ateliers de cuisine ou de réparation (repair cafés), des correspondances et visites amicales, des projets artistiques ou musicaux partagés. Les rôles sont conçus avec celles et ceux qui les occupent.

  • Leadership partagé. Comités consultatifs d’aîné·e·s, évaluations par les pair·e·s, boucles de rétroaction : leurs constats influencent réellement nos services et nos critères de qualité.

Ce que nous faisons, concrètement

Au CABM, nous reconnaissons toutes les formes d’implication, y compris l’entraide informelle (proche-aidance, voisinage). Sous soutenons plus précisément les suivantes :

  • Jumelage et orientation. Notre plateforme et notre équipe accompagnent les personnes qui souhaitent s’impliquer, y compris celles qui préfèrent une démarche humaine plutôt que 100 % en ligne. Des pair·e·s conseiller·ère·s aîné·e·s contribuent à l’accueil lorsque pertinent.

  • Soutien aux organismes. Nous outillons les équipes pour des rôles clairs et significatifs : descriptions co-écrites, horaires souples, formation adaptée, reconnaissance authentique.

  • Alimentation et entraide. En appuyant des initiatives communautaires de sécurité alimentaire telles que les popotes roulantes, nous contribuons à des réseaux où plusieurs aîné·e·s reçoivent et donnent à la fois : une attention qui passe aussi par l’accès à une nourriture de qualité et à des relations de proximité.

  • Formation et sensibilisation. Nous offrons des contenus aux gestionnaires de bénévoles qui prônent l’inclusivité, la gouvernance bienveillante et les partenariats intersectoriels. Les témoignages et analyses de personnes aînées font partie intégrante de nos formations.

Ce qui doit changer (et comment y contribuer):

  • Sortir l’âgisme de l’ombre. Nommer les biais dans nos mots, affichages, formulaires, réunions. Remplacer les étiquettes par des questions ouvertes : Quelles compétences souhaitez-vous partager ? À quel rythme ? De quoi avez-vous besoin pour bien contribuer ? Éviter de parler à la place de : créer des espaces où les personnes concernées prennent la parole.

  • Offrir des rôles à valeur ajoutée. Au-delà des tâches routinières : mentorat, conseil, transmission, coordination, représentation.

  • Aménager des environnements accueillants. Accessibilité physique et numérique, horaires flexibles, temps d’accueil et de formation, reconnaissance régulière : la base d’une expérience bénévole digne et durable.

  • Relier générations et secteurs. Écoles, entreprises, culture, santé et services sociaux, associations de quartier : les partenariats intersectoriels ouvrent des voies nouvelles où chacun·e trouve sa place.

Trois gestes simples, dès maintenant

  • Devenez bénévole (ou revenez-y) : explorez des opportunités proches de vos intérêts et de votre réalité. Une heure par semaine peut changer une vie (parfois la vôtre d’abord).

  • Invitez un·e aîné·e à participer : à un comité, un projet, une activité, y compris dans les espaces de décision. L’invitation claire et concrète demeure la meilleure lutte à l’âgisme.

  • Si vous êtes un organisme, revisitez un rôle bénévole pour y intégrer une dimension de transmission ou de mentorat, et vérifiez vos conditions d’accueil à l’aune de la dignité et de l’accessibilité.

Notre engagement

Reconnaître les aîné·e·s comme des piliers ne doit pas rester une formule. Au CABM, nous continuerons de rendre l’action bénévole accessible, de soutenir les milieux qui accueillent et de bâtir des ponts intergénérationnels porteurs de sens. Surtout, nous réaffirmons ceci : nous n’expliquerons pas “les aîné·e·s”, nous agirons avec elles et eux, guidé·e·s par leurs voix.

À toutes les personnes aînées qui font battre le cœur de Montréal, par un geste, un sourire, une heure donnée, une histoire partagée, on vous dit merci! Votre place, votre dignité et votre voix sont essentielles.

Bonne Journée internationale des aîné·e·s!

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