Un nouveau rapport de Centraide United Way Canada met en lumière une réalité préoccupante : les organismes sans but lucratif sont appelés à répondre à des besoins croissants alors que leur capacité d’action est de plus en plus sous pression.
Le Centre d’action bénévole de Montréal (CABM) partage ce constat et salue cette contribution importante à une meilleure compréhension des réalités vécues par le secteur.
Cette capacité d’action repose d’abord sur des équipes salariées qui doivent pouvoir compter sur des conditions de travail durables et des ressources adéquates. Mais le rapport rappelle également une autre dimension essentielle de l’écosystème communautaire : sa capacité bénévole.
S’appuyant sur des données de Statistique Canada, le rapport met notamment en évidence le déclin du bénévolat dans les services sociaux au cours de la dernière décennie. La perte de capacité qui en découle est estimée à 7 milliards de dollars par année, soit l’équivalent d’environ 115 000 postes à temps plein.
Pour le CABM, ce constat rappelle une chose essentielle : la capacité bénévole n’est pas une ressource qui va de soi. Elle se construit.
Reconnaître cette contribution ne signifie pas faire du bénévolat une réponse au sous-financement des organismes ou aux pénuries de main-d’œuvre. Le bénévolat ne remplace pas des emplois. Lorsqu’il est bien structuré, bien accompagné et arrimé aux besoins réels des milieux, il constitue plutôt une composante distincte et essentielle de la capacité d’action des organisations et des communautés.
Encore faut-il que les organismes disposent eux-mêmes du temps, des outils et des ressources nécessaires pour accueillir, encadrer et soutenir cet engagement.
C’est pourquoi renforcer le bénévolat passe aussi par le renforcement des organismes qui le rendent possible.
Formation des personnes responsables de bénévoles, accompagnement, développement de pratiques adaptées aux nouvelles formes d’engagement, bénévolat de compétences, gouvernance, partenariats : ces infrastructures sont essentielles pour que l’engagement bénévole puisse réellement produire des retombées durables.
Le rapport de Centraide souligne également l’importance de mieux mobiliser les données existantes pour comprendre les pressions qui s’exercent sur le secteur et éclairer les décisions et les investissements. Cette réflexion doit aussi nous amener à approfondir notre compréhension de l’évolution de la capacité bénévole : comment les formes d’engagement se transforment-elles? Quels sont les besoins des organismes? Quels obstacles rencontrent-ils? Et quelles conditions devons-nous collectivement mettre en place pour soutenir cet engagement?
Ces questions dépassent les organisations prises individuellement. Elles appellent à mettre en commun les connaissances, les expériences et les perspectives des différents acteur.trice.s du milieu.
Pour le CABM, cette réflexion doit faire partie intégrante des discussions sur l’avenir et la résilience du secteur communautaire. Mieux soutenir la capacité d’action du secteur passe par une meilleure compréhension de l’ensemble de ses forces — salariées, bénévoles et organisationnelles — et par notre capacité collective à créer les conditions qui leur permettent de contribuer pleinement.

