Hommage aux bâtisseuses : l’origine féminine du CABM et sa mission humaine

Le Centre d'action bénévole de Montréal (CABM) est né d’un mouvement de femmes qui ont choisi de structurer l’entraide au lieu de la laisser dépendre du hasard, de l’urgence ou de la seule bonne volonté. Dans une ville en transformation, elles ont créé un espace de coordination, de formation et de mise en relation, bref, une solidarité organisée.

L’organisation est créée le 1er décembre 1937 sous le nom de Central Volunteer Bureau, sous la gouverne de la Jeune Ligue de Montréal, un organisme caritatif féminin fondé en 1912. Elle est ensuite incorporée officiellement le 19 mars 1947 sous le nom de Women’s Voluntary Services (Montreal) – Services volontaires féminins inc., un nom adopté en 1940 dans le contexte de la guerre, inspiré d’un modèle britannique.

Les lettres patentes de constitution décrivent des objectifs étonnamment actuels : placer des bénévoles dans des agences sociales, coordonner le recrutement, organiser des formations et initier des projets communautaires. On pourrait résumer ainsi : relier des personnes à des besoins, outiller l’engagement, et faire grandir la capacité collective d’agir.

Le CABM est ainsi reconnu comme le premier centre d’action bénévole au Canada. C’est une fierté, mais c’est surtout un rappel : au départ, des femmes ont pensé la solidarité comme une infrastructure sociale. Elles ont compris que l’humain ne se soutient pas seulement par des gestes individuels, mais aussi par des réseaux, des méthodes, une continuité.

Au fil des décennies, l’organisme a changé de nom, par lettres patentes supplémentaires :
1957, Montreal Volunteer Bureau – Service bénévole de Montréal; 1967, Volunteer Bureau of Montreal Inc. – Service bénévole de Montréal inc.; 1992, Centre d’action bénévole de Montréal inc. – Volunteer Bureau of Montreal inc. (nom actuel). Les noms évoluent, mais l’essence demeure : accueillir, relier, soutenir, former, mobiliser.

Et cette essence est profondément humaine. Elle s’exprime dans ce qui se voit peu mais qui change tout : le temps qu’on prend pour écouter, la façon d’accueillir quelqu’un avec dignité, le soin qu’on met à faire correspondre une personne et une cause, la rigueur qu’on met à soutenir les organismes qui portent des missions essentielles.

Pour faire résonner cet héritage dans le présent, une donnée récente dit quelque chose de fort. Selon le Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ) (Portrait des bénévoles et du bénévolat 2025 au Québec), les femmes bénévoles adhèrent davantage que les hommes à l’idée que le bénévolat est essentiel à une société juste et équilibrée (81 % contre 72 %). Ce n’est pas qu’un chiffre, c’est une continuité : une manière de voir le monde, et de le réparer ensemble.

Le même portrait du RABQ observe aussi que la majorité des bénévoles déclarent s’impliquer auprès d’un seul organisme (56 %). Cela rejoint l’idée d’un engagement incarné, fidèle, relationnel. Derrière chaque “organisme”, il y a des visages, des liens, une communauté. C’est peut-être ça, au fond, l’héritage le plus précieux des fondatrices : une solidarité qui ne se contente pas de passer, mais qui s’installe, qui dure, et qui tient les gens ensemble.

En ce 8 mars, on célèbre donc plus qu’un anniversaire ou une chronologie. On célèbre des femmes bâtisseuses, et la vision qu’elles ont rendue possible : une action bénévole organisée, humaine, et profondément ancrée dans le respect des personnes.

Références citées

Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ), « Portrait des bénévoles et du bénévolat 2025 au Québec », 2025.

Hitoire du CABM: https://www.cabm.net/fr/a-propos

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